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34 | Liliane Ennabli, La basilique de Carthagenna et le locus des sept moines de Gafsa. Nouveaux édifices chrétiens de Carthage, 2000

Liliane Ennabli, La basilique de Carthagenna et le locus des sept moines de Gafsa. Nouveaux édifices chrétiens de Carthage, 2000, 150 p., 207 ill. ISBN 2-271-05647-0


1ère de couverture


RÉSUMÉ


La basilique de Carthagenna et le monastère de Bigua faisaient partie du paysage monumental urbain dans lequel ont évolué les chrétiens de Carthage depuis la fin du Ve siècle jusqu’à la conquête arabe. Ce qui rend leur découverte et leur étude très intéressantes vient de leur situation intra muros. Les découvertes antérieures sont principalement situées hors les murs.

L’importance de la basilique de Carthagenna est capitale pour l’histoire de l’implantation et de la vie des chrétiens de Carthage. Elle permet de suivre les transformations d’un bâtiment à destination religieuse du IVe siècle jusqu’au milieu du VIIe siècle. Ce lieu de réunion chrétien transformé en église à la fin du Ve siècle fut détruit, ou fermé, et laissé à l’abandon pendant la période vandale. Rebâti de façon somptueuse à la période byzantine, c’est alors une grande basilique à deux absides, baptistère, salles annexes et chapelle attenante qui fonctionna jusqu’au milieu du VIIe siècle.

La maison de Tellus, construite au 1er siècle, a subi au cours des cinq premiers siècles de notre ère différents aménagements. Une inscription sur mosaïque nous donne l’indication que, à la lin du Ve siècle, ce lieu a abrité les restes de sept moines de Galsa martyrises sous le règne du roi vandale Hunéric, en 483, et que ce locus des sept moines a été doublé d’une memoria, lieu de vénération des sept frères Macchabées, au début du VIIe siècle.

Le rapprochement de cette découverte avec la fin du texte de la Passion des sept moines, attribué à Victor de Vita, permet de considérer qu’un groupe de moines s’installa au Ve siècle dans l’ancienne maison romaine qui prit alors le nom de monastère de Bigua. Après la fin de la persécution vandale, dans le courant du deuxième quart du VIe siècle, dans une partie de la maison conventuelle, prit place un xenodochium, servant sans doute de lieu d’accueil des pèlerins venus vénérer les reliques des martyrs de la persécution vandale. Son plan caractéristique avec une salle à auges en fait le monument de ce type le plus oriental ainsi qu’un des plus tardifs.

L’ouvrage de Liliane Ennabli constitue un outil indispensable à l’heure de la reprise des fouilles dans le cadre de la campagne internationale de sauvegarde de Carthage.


Liliane Ennabli est chargée de recherche au Centre de recherche Lenain-de-Tillemont sur le chistianisme ancien et l’Antiquité tardive, à I’Université de Paris IV-Sorbonne. Spécialiste de l’épigraphie chrétienne de Carthage et de l’histoire religieuse de la ville, sa précédente étude sur Carthage, une métropole chrétienne du IVe à la fin du VIIe siècle, parue chez CNRS EDITIONS en 1997 dans les Etudes d’Antiquités africaines, a reçu Ie prix Hippone de I’académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles Lettres d’Aix-en-Provence.


ABSTRACT


The Carthagenna Basilica and the monastery of Bigua were part of the monumental urban landscape in which Christians fron Carthage lived from the end of the IVth century until the Arab Conquest. What makes their study so fascinating is the fact that they were discovered inside the walls of the city. Former discoveries were mainly located outside the ciy.

The Carthagenna Basilica is of prime importance to understand the life of the Christians of Carthage and their settlement. It enables us to follow the evolution of a building with a religious purpose from the end of the IVth century to the middle of the VIIth century. This Christian meeting place, converted into a church at the end of the IVth century, was destroyed or closed and abandonned during the Vandal period. Rebuilt in a luxurious manner in the Byzantine time, it was then a large basilica with two apses, a baptistery, annexes and an adjoining chapel in use until the middle of the VIIth century.

Tellus’ house built in the first century went through numerous alterations during the first five centuries A.D. An inscription on a mosaic tells us that in this place laid the remains of the Seven Monks from Gafsa, who had been martyred during the reign of the Vandal king Huneric in 483, and that Locus of the Seven Monks had been doubled with a memoria, a place of worship for the Seven Brothers Maccabees at the beginning of the VIIth century.

The connection between this discovery and the end of the Passion of the seven monks, attributed to Victor de Vita, suggests that a group of monks settled during the Vth century in the formerly Roman house which then became the monastery of Bigua. Once the Vandal persecution was over, during the second quarter of the VIth century, a xenodochium occupied part of the monastic house, serving most likely as a welcome place for the pilgrims who had come to worship the remains of the martyrs of the Vandal persecution. Its characteristic plan with a "salle à auges "(throughs room) makes it one of the most oriental as well as one of the most recent monument of this kind.

This book will constitute a very useful and essential reference especially when a new International campaign is scheduled in Carthage.