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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
UMR 7299
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
+33 (0)4 42 52 42 68

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Bernard Rémy (1942-2020)

Né en 1942, Bernard Rémy a suivi des études d’Histoire à la faculté de Lyon et obtenu l’Agrégation d’Histoire en 1966. Il a ensuite soutenu un doctorat de troisième cycle sous la direction de Marcel Le Glay en 1971, avant d’être l’élève d’Hans-Georg Pflaum et de Paul-Marie Duval dans leurs séminaires de l’École Pratique des Hautes Études, de 1972 à 1976. C’est en 1984 qu’il a présenté son doctorat d’État, réalisé sous la direction d’André Chastagnol.

Parallèlement à ces études et ces recherches, il a toujours consacré une grande partie de son temps à l’enseignement, d’abord comme maître auxiliaire, puis comme adjoint d’enseignement et professeur agrégé dans le secondaire, avant de rejoindre le supérieur à l’Université de Saint-Étienne en tant qu’assistant en 1968, maître-assistant en 1976, maître de conférences et enfin professeur d’Histoire de l’Antiquité en 1985. De 1987 à 1989, il a été détaché comme directeur des études pour l’Antiquité à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul. De retour de Turquie, il a intégré, comme professeur d’Histoire de l’Antiquité, l’Université de Savoie, et, en 1993, il est devenu professeur d’Histoire romaine à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble II, au sein de laquelle il a obtenu une délégation au CNRS, centre Camille Jullian à Aix-en-Provence, de 1999 à 2001. Il est resté à Grenoble jusqu’en 2007, date de son départ à la retraite, puis a obtenu l’éméritat. Durant toutes ces années, il s’est toujours montré attentif à la formation et au parcours de ses étudiants et doctorants.

Chercheur infatigable, Bernard Rémy s’est intéressé à des domaines aussi variés que les institutions et l’administration romaines (ainsi ses livres sur le gouvernement des provinces d’Anatolie), la société (avec des ouvrages sur les femmes ou les « vieux » en Gaule romaine), les figures du pouvoir (biographies d’Antonin le Pieux et de Dioclétien), l’épigraphie (plusieurs volumes des Inscriptions latines de Narbonnaise et des Inscriptions latines d’Aquitaine), ou encore la numismatique (études d’ateliers du nord de l’Anatolie). En véritable savant, soucieux de faire toujours mieux et empreint d’humilité, Bernard Rémy n’hésitait pas à soumettre ses études au regard critique, pour en tirer parti de manière constructive. Tous ses travaux ont largement contribué à l’enrichissement de la recherche et à la connaissance de l’ensemble du monde romain.

B. Rémy, sur la voie romaine de Javols, Lozère
(Crédits : L. Damelet, L. Roux, CNRS-CCJ, avril 2017)

 

Avec le CCJ, Bernard Rémy a plus particulièrement travaillé sur l’épigraphie des Alpes. Il a fourni à Florence Mocci les inscriptions des cités romaines des Alpes Maritimes et il travaillait sur les inscriptions des Voconces de Vaison. Les photographes du laboratoire l’ont accompagné sur le terrain pour plusieurs relevés d’inscriptions. Enfin, Philippe Leveau a sollicité ses compétences pour la mise en place du programme Epicherchell dont il a été le principal participant.

Il est toujours difficile de résumer les activités foisonnantes d’une personne telle que Bernard Rémy, qui a lutté avec force et courage jusqu’au dernier instant contre la maladie. Ces quelques lignes ne sauraient en aucun cas être exhaustives et suffisantes pour révéler toute notre amitié, notre respect et notre peine, au moment où disparait ce grand savant et cet homme plein de passion et d’énergie.

Julie Dalaison et Patrice Faure, Maîtres de Conférence à Lyon
Nicolas Mathieu, Maître de Conférence à Grenoble
Philippe Leveau, Professeur émérite AMU