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Accueil du site > Contrats|Partenariats > PCR Atlas topographique des villes de Gaule méridionale (2013-2015) > Vienne

Vienne

Publié le 16 avril 2012

Introduction

"Les allobroges… vivent dans des villages, sauf les plus nobles d’entre eux qui sont installés à Vienne ; c’était autrefois une bourgade, qu’on appelait cependant déjà capitale de ce peuple, et ils l’ont transformé en ville." Strabon, Géographie, IV,1,11 (C185-186).

Longtemps situé sur la colline Sainte-Blandine, il est maintenant établi que l’oppidum des Allobroges occupait une place forte naturelle limitée au nord par la vallée de la Gère, à l’ouest par le Rhône, au sud par le ruisseau Saint-Marcel et à l’est par une dépression qui la séparait alors de la colline de Pipet. Partie intégrante dès 121 de la province, Vienne bénéficie en 30 av. J.-C. du statut de colonie comme l’atteste le monnayage de bronze qu’elle fut autorisée à frapper et qui portait au revers CIV, c’est-à-dire C(olonia) I(ulia) V(iennensium). Mais nous ne connaissons que très peu de chose de la topographie de Vienne à la fin de la république. Il semble que ce soit entre les années 40-30 av. J.-C., et en tous cas avant 27, que Vienne soit devenue colonie de droit latin. La cité était alors administrée par des quattuorvirs. On pense que Vienne obtint le bénéfice complet du droit romain après 35 apr. J.-C., date du premier consulat de Decimus Valerius Asiaticus, et avant 48 apr. J.-C., date d’un discours prononcé devant le Sénat de Rome par l’empereur Claude où il fait mention pour Vienne d’un changement de statut. Elle obtint en tous cas ce statut à titre honoraire, c’est-à-dire sans que des terres ne lui soient confisquées en faveur d’un nouveau peuplement.

Quelques grandes lignes de l’évolution de la ville peuvent être aujourd’hui tracées, cependant nos connaissances restent encore schématiques. Le géographe Strabon considère en 17-18 apr. J.-C. que Vienne est une ville bien équipée : elle possède sans doute une parure monumentale digne d’une ville. Cette observation est attestée par l’archéologie. A cette époque, en effet, le forum et le temple de Rome et d’Auguste sont construits ; l’enceinte est probablement en cours d’achèvement. A l’extérieur de l’enceinte quelques voies sont tracées dans les quartiers de Sainte-Colombe et de Saint-Romain-en-Gal, ainsi que dans le quartier dit du Cirque là où les crues du Rhône ne menacent plus la plaine alluviale. Des maisons occupent ces nouveaux îlots, mais il ne s’agit pas encore partout de véritables quartiers urbanisés. Au voisinage de ces maisons, on note la présence d’ateliers de potiers et de bronziers.

Aux environs des années 40 apr. J.-C., la ville connaît une nouvelle grande phase de construction, sans doute à la suite de l’obtention du droit romain. Sont édifiés le théâtre et probablement le sanctuaire de Pipet, ainsi que les grands entrepôts gagnés sur les berges du Rhône en rive gauche. Les quartiers extra muros se développent et prennent un caractère véritablement urbain. Des maisons bordées de boutiques ou de petits entrepôts occupent tous les îlots. L’extrême fin du Ier s. apr. J.-C. connaît une nouvelle période édilitaire dont témoignent la construction de l’odéon, sans doute d’un stade, le seul que l’on connaisse en Gaule, et d’un premier cirque au voisinage des grands entrepôts Ce dernier édifice sera remplacé par un cirque plus vaste au cours de la seconde moitié du IIe s. apr. J.-C. La ville atteindra sa plus grande extension à la fin du IIe s. apr. J.-C. On évalue très approximativement sa population à plus de 20 000 habitants.

Vers le milieu du IIIe s. apr. J.-C., certains quartiers extra muros sont abandonnés. L’urbanisme de Vienne témoigne de la crise qui affecte l’Empire. Ce phénomène se confirme au IVe s. : la ville se retranche progressivement sur le promontoire originel de la rive gauche.

A la suite d’un programme de recherche (H1) initié dès les années 1980, « Pour une programmation de la recherche archéologique à Vienne : le fait urbain des origines au XVIIIe siècle », qui s’était attaché dans un premier temps à réunir les données cartographiques, documentaires et archivistiques, et après deux premiers essais de carte archéologique au 1/2000e et au 1/500e, l’équipe a adopté en 1993 les normes de l’Atlas topographique des villes de Gaule méridionale.

L’avancement du projet a pris de l’ampleur en 1999, avec la mise en œuvre d’un programme pluriannuel qui a pu bénéficier d’un financement conséquent alloué par le Conseil général de l’Isère et par le Ministère de la Culture. Ce programme ne portait que sur la réalisation des feuilles de la rive gauche, puisque financé par le Conseil général de l’Isère, les feuilles de la rive droite seront prises en compte dans un deuxième temps, à partir de 2010.

L’Atlas topographique de Vienne antique se décompose en 60 feuilles. Au vu du peu d’éléments cartographiables sur les collines traversées toutefois par le rempart et à l’extrémité du quartier sud, il a été décidé de réunir les feuilles concernées et de présenter ces secteurs à une échelle plus grande (1/300e).

Le programme de l’Atlas topographique de Vienne est également inclus dans l’UMR régionale 5138, "Archéométrie et archéologie : origine, datation et technologie des matériaux" dirigée par N. Reveyron, et plus spécialement au volet 3 de ce programme, "Un pays d’entre-deux de l’Age du Fer à la fin du Moyen-Age : l’axe Rhône-Saône, entre les Alpes et le Massif central", piloté par A. Desbat et N. Reveyron.

Il faut souligner aussi l’importance des liaisons entre programme de recherche et archéologie préventive. La désignation fréquente pour les opérations de diagnostic, par l’Inrap et par le SRA, d’un A.R.O. membre du PCR, constitue sans aucun doute un plus pour l’avancement des recherches sur Vienne. Pour chaque chantier, les problématiques sont ainsi établies grâce aux travaux du PCR et chaque sondage alimente les feuilles de l‘Atlas déjà faites ou en cours de réalisation. Ainsi, S. Nourissat a réalisé un important diagnostic sur l’emprise d’un projet de parking sur la rive droite de la Gère, dans un secteur correspondant à une feuille dont la rédaction des notices va être engagée.

Tableau d’assemblage

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Etat d’avancement
(au 30 décembre 2011)

La rédaction des feuilles du quartier sud, limité au nord par le rempart, est pratiquement achevée, même s’il est encore nécessaire de réactualiser et compléter les notices du fait d’opérations archéologiques récentes ou d’études complémentaires. Les feuilles portant sur le quartier nord et les collines sont en voie d’achèvement. Il reste à inclure toutes les données sur les nécropoles et à terminer l’assemblage des feuilles du Mont-Arnaud, secteur présentant peu de vestiges.

La densité des données archéologiques du centre monumental est telle qu’elle génère des notices très denses. L’ensemble des données est acquis et la plus grande part des notices des feuilles du centre a bénéficié d’une première rédaction qui doit pour partie être reprise après l’exercice de lecture devant les membres du PCR inter-régional.

Les quartiers de la rive droite n’ont été abordés en 1993 que sous la forme de test, à partir des vestiges du site de Saint-Romain-en-Gal (feuille 19). L’atlas des communes de cette rive (Saint-Romain-en-Gal et Sainte-Colombe, dans le département du Rhône), que l’on souhaitait commencer dès 2010, bénéficie toutefois d’une première approche dans la mesure où la Carte archéologique de la Gaule du département a été récemment publiée.

- La feuille 25 : La réalisation d’un important diagnostic dirigé par S. Nourissat le long de la Gère (parking Cuvière) a été l’occasion de travailler sur un secteur pas encore abordé sur les feuilles 25 et 26. La feuille 25 couvre la confluence du Rhône et de la Gère. Dès 1998, M. Zannettacci avait rédigé une première mouture des notices des vestiges situés au nord de cette rivière. Claire Marcellin a repris cette feuille (illustrations comprises), en 2010, notamment les notices des sites localisés au sud de la Gère. Cette première mouture n’a pas encore bénéficiée des compléments, remarques et annotations des acteurs viennois et sera finalisée pour la fin 2010. Il faut noter qu’une opération de diagnostic archéologique réalisée par l’Inrap (E. Ferber, C. Marcellin) tout récemment sur l’emprise de cette feuille a permis de mettre au jour à l’emplacement supposé un des éléments de la porte nord de la ville. Cette confirmation (cf. notice [1] de la feuille 25 présentée en annexe) sera bien évidemment intégré dans cette notice. Il est d’autre part programmé, avant la fin de l’exercice 2010, le dépouillement des archives concernant la construction du quai du Rhône, qui concerne cette feuille mais bien entendu toutes les feuilles qui touchent cette rive du fleuve.

- La feuille 26 : Sophie Nourrissat, qui a bloqué son temps de recherche alloué par l’Inrap sur la fin de l’année est en passe de terminer les notices de cette feuille, encore enrichie par des sondages récents qui ont mis en évidence des occupations de la fin du deuxième siècle et du premier siècle avant notre ère, ce qui conforte l’hypothèse de localisation du village gaulois mentionné par Strabon dans le cœur de l’actuelle agglomération et non sur la colline de sainte-Blandine comme l’avait positionné G. Chapotat. Cette feuille incluse l’importante fouille de la rue des Colonnes dirigée à la fin des années 1970 par R. Lauxerois. Ce dossier riche en données et complexe nécessitera un travail de compilation des données et d’infographie qui devra être menée avec R. Lauxerois.

- La feuille 27 :La rédaction des notices de la feuille 27 sera engagée en 2012.

- La feuille 33, à cheval sur le Rhône et donc un peu moins dense que l’ensemble des feuilles du centre, a été rédigée par C. Marcellin et présentée en 2008.

- La feuille 34, rédigée par C. Marcellin, une première mouture de cette feuille dite du temple d’Auguste et de Livie, très dense comme l’ensemble des feuilles du centre, a été examinée. Les notices concernant cet édifice majeur de la Vienne antique seront complétées par une notice présentant les résultats d’une nouvelle analyse architecturale qui est actuellement en cours par S. Zugmayer, architecte du Patrimoine ; en collaboration avec l’IRAA (CNRS) et l’équipe de l’Atlas. En effet, la présence d’échafaudages mis en place dans le cadre d’une étude préalable des Monuments Historiques a permis d’observer de plus près les parties hautes du temple.

- La feuille 35, rédigée en grande partie par C. Marcellin, doit encore être revue et des relevés complémentaires, notamment du réseau d’égouts de la maison des Canaux, ont effectués par S. Couteau, S. Nourissat et B. Helly en juillet 2008. Le nouveau calage topographique montre des disparités par rapport aux plans du XIXe siècle.

- La feuille 36, occupée pour la plus grande partie par le théâtre et le sanctuaire de Pipet, a été rédigée par D. Felladge et B. Helly. Les notices concernant le sanctuaire de Pipet ont été reprises et complétées par de nouvelles données issues des observations et relevés faits en juillet 2008. En effet, il a été possible pour la première fois d’accéder aux vestiges des soubassements du mur sud du promontoire artificiel et d’en faire le relevé topographique, lequel permet de caler des éléments de soubassements visibles sur de nombreuses photographies antérieures à l’effondrement de cette partie de la colline en 1941. Dans ce même secteur, un tronçon d’aqueduc, découvert récemment dans l’ancienne église de St André-le-Haut qui fait l’objet d’une fouille programmée dirigée par A. Baup (Université Lyon 2), a été relevé par S. Couteau : il s’agit d’un canal voûté englobé dans une maçonnerie de section carrée.

- La feuille 44, rédigée par S. Nourissat, a été reprise en fonction des différentes observations émises lors de la lecture devant les membres du PCR interrégional.

S. Nourissat a continué d’inclure dans les feuilles du quartier sud les notices des chantiers réalisés dans ce secteur depuis leur rédaction finalisée en 2001.

Relevés topographiques :

Le relevé du « grand aqueduc » situé Place Jouvenet et de défense passive a enfin été réalisé à l afin de l’année 2010 (cf. rapport 2010). S. Couteau et Claire Marcellin ont « calé » cette année très exactement ses vestiges dans le cadastre et inclus les données dans la feuille 36 correspondante. L’ensemble des portions d’aqueducs conservées est maintenant cotées en NGF. Nous avons eu la possibilité de relever d’autre part de nombreux murs romains dans les caves de l’Hôtel Central, rue de l’Archevêché (feuille 34), FIG. 2. Une rapide analyse a permis d’identifier au moins deux états. Il s’agit vraisemblablement au vu des dimensions de ces maçonneries conservées par endroit sur près de 10m de haut de soubassement de monuments publics. Nous serions tenté d’associer ces structures au monument public (temple) mis au jour sous l’ancien évêché par Jules Formigé (cf F. 35, notice 26).

Aqueducs et Hydraulique :

Claire Marcellin a repris l’ensemble des notices concernant les aqueducs et d’une manière générale concernant l’hydraulique (annexe 1). Le dossier graphique, parfois à l’état de minutes de fouilles pour certaines opérations de sauvetage, a ainsi été mis au net. Ce dossier est maintenant pratiquement complet et préfigure une synthèse qui sera finalisé en 2012 par C.Marcellin.

En ce qui concerne la rive droite, l’assemblage des feuilles sera réalisé avant la fin 2010. Le travail sur les voies et les réseaux d’arrivées d’eaux et les assainissements a été engagé par L. Brissaud, B. Helly mettant à disposition tous les éléments issus des différentes fouilles de cette rive. Le travail sera poursuivi l’an prochain pour la rive gauche.

Perspectives

Le programme initialement prévu pour 2011 n’a pas été mené à ce jour à son terme, l’exercice étant encore en cours… Si des dossiers ont bien avancé, comme celui portant sur l’hydraulique, nous devons avouer que d’autres points restent en suspend. En effet, les sollicitations et autres engagements extérieurs des uns et des autres (par exemple collaboration à la Carte Archéologique Nord-Isère pour B. Helly) à l’atlas ont en partie impacté le programme initial. Nous essayons et essaierons de palier à ces manques. Ainsi, la cartographie des vestiges de la rive droite prévue au programme sera engagée avant la fin de cette année.

Participants

Responsable : Benoît HELLY, SRA de Rhône-Alpes, Lyon

Laurence BRISSAUD, Équipe archéologique départementale, Saint-Romain-en-Gal
Sylvaine COUTEAU, INRAP, Vienne
Djamila FELLADGE, Université de Grenoble
Roger LAUXERROIS, ancien conservateur du musée Saint-Pierre, Vienne
Anne LE BOT-HELLY, conservatrice régionale de l’archéologie de Rhône-Alpes, Lyon
Claire MARCELLIN, INRAP, Vienne
Sophie NOURISSAT, INRAP, Vienne
Jean-Luc PRISSET, Équipe archéologique départementale, Saint-Romain-en-Gal
Monique ZANNETTACCI, Service archéologique municipal, Vienne

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Mots-clés

ville, antiquité romaine, Narbonnaise, topographie, Vienne