Partenaires

CNRS Université de Provence
Ministère de la Culture, DRAC PACA Institut national d recherches préventives



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > Sur le terrain > Chantiers de fouilles > FRANCE, Bouches-du-Rhône - Marseille, Le Verduron

Marseille - L’oppidum de Verduron

Publié le 7 octobre 2008

L’organisation générale et la structure interne des sites méridionaux sont aujourd’hui bien connues grâce aux recherches menées sur des sites majeurs comme Glanum, Entremont ou Martigues. Parmi ces fouilles plus ou moins récentes, le cas du Verduron est remarquable à différents titres : il s’agit d’une opération programmée récente, en cours depuis 1999, qui concerne un petit établissement indigène à couche unique entièrement dégagé. Situé sur la commune actuelle de Marseille, le Verduron a connu une occupation très brève à la fin du IIIe s. av. J.-C. Sa destruction violente par des soldats grecs et / ou romains disposant de catapultes offre aux archéologues des niveaux antiques particulièrement bien conservées qui permettent de proposer un modèle de fonctionnement de ce type d’habitats.

Le site est l’un de ceux de petite superficie (moins de 1200m²), il est protégé par un mur d’enceinte d’un mètre de large en moyenne. Installé sur une avancée rocheuse, la position fortifiée domine la rade de Marseille, la vue s’étend de Niolon à Marseilleveyre. L’établissement est composé de trente-sept cellules organisées de manière régulière autour d’un axe nord/sud. Deux rangées de pièces constituent un îlot central, de chaque côté de ce dernier, une ruelle permet d’accéder aux maisons accolées au rempart. Lors de la mise en place du village sur une forte pente (le site a été appelé Pain-de-Sucre à cause de la forte déclivité), le rocher a été entaillé, les déblais servant à niveler le sol de la future pièce comme des ruelles ; on a ensuite mis en place un sol composé d’argile. Il est difficile de se prononcer de manière définitive sur le type des toits, il est cependant certain que ceux-ci étaient généralement composés de terre ou de matériaux périssables. Une exception remarquable est à relever, l’une des pièces, au nord-est du site, était couverte de lauzes en calcaire de grande taille (50 x 100 x 5 cm pour les plus grandes). Les murs internes, dont la largeur constante est de 40 cm, sont composés de pierres liées à la terre, ce qui permet la bonne conservation des vestiges après l’abandon –jusqu’à plus d’un mètre cinquante en élévation aujourd’hui-. Les maisons sont de petite taille (14m² en moyenne) et donnent toutes sur des ruelles par une porte unique. Les occupants utilisent d’ailleurs les espaces de circulation comme une annexe de la maison, comme en témoignent des foyers ou des vases de stockages qui y ont été mis au jour. On peut distinguer des pièces d’habitat, caractérisée par la présence d’un foyer domestique et de céramiques culinaires et des pièces de stockage. Le stockage s’effectuait dans de grosses jarres appelées « doliums » et dans des conteneurs en matériaux périssables qui étaient fréquemment reconstruits, au moins trois cellules étaient entièrement réservées à cet usage sur le site. Les pièces d’habitat nous permettent de mieux saisir le mode de vie de ces celto-ligures aux portes de Marseille grecque. Ainsi les céramiques culinaires locales modelées nous renseignent sur l’alimentation qui reste traditionnelle alors que les amphores, cruches et coupes marseillaises ou italiques liées à la consommation du vin nous confirment le goût prononcé des Gaulois pour cette boisson. La présence de fibules –destinées à maintenir les vêtements- et d’une bague coudée en argent nous apprennent que les influences celtiques sur la mode étaient plus importante sur ce site que celle de la cité phocéenne pourtant proche. L’oppidum peut être mis en relation avec des habitats plus importants situés de l’autre côté du chaînon de la Nerthe, comme La Cloche ou Teste-Nègre dont il est probablement une émanation.

Publications :

  • BERNARD (L.) – L’habitat préromain du Verduron. In CHAUSSERIE-LAPREE J. dir. - Le temps des Gaulois en Provence, Ville de Martigues, Musée Ziem, 2000. pp.158-160)
  • BERNARD (L.), MODOLO (S.) sur les bancs Histoire Antique n°6, 12-2002/01-2003, pp. 74-75.
  • BERNARD (L.) L’oppidum du Verduron (Commune de Marseille), pp. 23-26. in L’archéologue archéologie nouvelle n°79, aôut-septembre 2005.
  • BERNARD (L.) L’oppidum du Verduron, pp. 78-79, in 15 ans d’archéologie en PACA. X. DELESTRE dir., EDISUD, Aix-en-Provence, 2005, 245p.
  • BERNARD (L.) 336* Le Verduron, pp 733-739. in CAG 13/3 Marseille et ses environs. M.-P. ROTHE, H. TREZINY dir. Académie des Inscriptions et Belles Letres, Paris, 2005, 925p.

Mots-clés

habitat, oppidum, Verduron (Marseille), protohistoire, fouille programmée