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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
UMR 7299
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
+33 (0)4 42 52 42 68

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Premier appel à communication : Pêche et ressources halieutiques en mer Noire dans l’Antiquité

Colloque international

- Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-en-Provence, France
- 26-27 Mars 2020

Triomphe de Neptune et Amphitrite, musée du Louvre, Département des antiquités grecques, étrusques et romaines, inv. N° LP 2884, 300-325 ap. J.-C.
(Crédits : Musée du Louvre (dist. RMN-Grand Palais) / Hervé Lewandowski)

 
 

PREMIER APPEL A COMMUNICATION
Tous chercheurs travaillant en lien avec l’exploitation des ressources halieutiques en mer Noire, par le biais de l’archéologie, de l’épigraphie, des sources anciennes ou des sciences du vivant, sont invités à soumettre une proposition de communication en choisissant l’une des quatre sessions. Nous accueillerons des communications traitant de l’archéologie et de l’histoire des techniques (données de terrain, équipement de pêche, aménagements portuaires, structures de conservation,…), archéozoologie (archéo-ichtyologie, archéo-conchyliologie), de l’histoire environnementale (évolution sur le temps long des stocks halieutiques en mer Noire, modifications de la biodiversité, évolution géomorphologique des côtes) et de l’histoire sociale (études anthropologiques, économiques, politiques ou culturelles en lien avec la question de l’exploitation et de la consommation des ressources halieutiques antiques en mer Noire). Les approches issues des sciences du vivant (biologie marine, ichtyologie) et des sciences sociales telles que l’archéologie et la géographie seront particulièrement encouragées.

Télécharger l’appel en français, l’appel en anglais

MODALITÉ DE SOUMISSION
L’appel à communication sera ouvert du 5 octobre au 15 décembre 2019. Les candidats doivent choisir une des sessions.
Chaque proposition de communication doit inclure un titre, le nom complet et l’affiliation de(s) (l’)auteur(s), ainsi qu’un résumé (maximum 400 mots). Les participants ne peuvent pas proposer plus de deux communications. L’anglais est la langue officielle.
Les sessions seront dirigées par un président et un discutant.
La date limite est le 15 décembre 2019.

PARTENAIRES DU COLLOQUE

  • Centre Camille Jullian (UMR 7299), CNRS-Aix-Marseille Université, France
  • Musée du Louvre, Département des Antiquités Grecques, Étrusques et Romaines, Paris, France
  • Institut d’Études Sud-Est Européennes, Académie roumaine, Bucarest, Roumanie
  • Institut National d’Archéologie et Musée, Académie bulgare des sciences, Sofia, Bulgarie

OBJECTIFS SCIENTIFIQUES
Polybe (IV, 38) liste parmi les biens d’exportations dont la mer Noire est pourvoyeuse le poisson salé ; un témoignage qui laisse supposer un rôle important dévolu aux activités halieutiques dans le processus de colonisation de l’espace pontique, et ce potentiellement dès une période précoce (Dupont 2007). Pourtant, à la question des conteneurs dédiés à ce commerce, évoquée par J. Lund (2005) et V. Gabrielsen (2005), s’ajoute la confrontation des sources aux données archéologiques. Hasard de la conservation des vestiges ou simple reflet d’un déséquilibre géographique dans la recherche, les études n’éclairent jusqu’à présent l’existence d’activités de séchage et de salaison que dans les établissements nord-pontiques, et ce à une époque postérieure au témoignage de Polybe.
Pourtant, une analyse fine des sources anciennes révèle toute la complexité entourant la pêche dans une région marquée par un zonage des espèces, elles-mêmes soumises à des processus de migrations saisonnières. Une dichotomie entre rives nord et sud pourrait bien dès lors impacter les ressources produites à laquelle semble s’ajouter toute la spécificité attachée aux zones deltaïques qui rythment les rivages nord-ouest de la mer Noire. C’est ce que tend à mettre en lumière les travaux de la Mission archéologique franco-romaine menés autour d’Orgamè sur les établissements de la lagune de Goloviţa (Baralis et al. 2017). Les ressources locales variées, comme l’exploitation des grands migrateurs, ont pu être en effet à l’origine de différents modes de gestion des pêches et influencer en retour la structuration des réseaux d’échange locaux ou régionaux, voire ceux qui lient à plus longues distances les colonies pontiques au monde égéen.
Quinze après le dernier colloque, fort prometteur, organisé à l’Université d’Aarhus (2003), l’intérêt d’un nouvel état des lieux sur cette question incontournable pour la compréhension du processus colonial dans la zone pontique apparaît essentiel, encouragé par la synthèse récente de T. Bekker-Nielsen (2016), ainsi que par les travaux menés dans le nord de la mer Noire ou le delta du Danube. L’objectif de ce colloque est de mettre en lumière les dernières données produites en insistant sur les spécificités régionales induites par le faciès des espèces exploitées dans le périmètre de chaque site, conformément aux objectifs des études ichtyo-fauniques. De telles recherches livrent en effet des résultats parfois en désaccord avec les données textuelles et épigraphiques eti ouvrent dès lors de nouvelles perspectives d’analyses des réseaux locaux, parfois complexes, au sein desquels la participation des populations locales n’a pas toujours été prise en compte (Gavriljuk 2005). Dans la continuité du programme de recherche sur la mer Noire (Musée du Louvre-Centre Camille Jullian), nous souhaiterions ainsi réunir analyses ichtyo-fauniques, études ou relectures des structures de production et publications du mobilier archéologique lié à ces activités, trop souvent négligées et le plus souvent laissées inédites. Par ces différentes contributions, il s’agit d’enrichir la réflexion conduite sur la question du commerce des ressources halieutiques et sur le rôle potentiel qu’elles ont pu jouer dans l’expansion coloniale grecque en mer Noire et dans les Détroits.

COMITE SCIENTIFIQUE

  • Alexandru Avram (Le Mans Université, France / Institut d’archéologie « Vasile
    Pârvan », Bucarest, Roumanie)
  • Alexandre Baralis (Musée du Louvre, Paris, France)
  • Tonnes Bekker-Nielsen (Université du Sud du Danemark)
  • Owen Doonan (Université de Californie – Northridge, Etats-Unis)
    vVasilica Lungu (Institut d’Etudes Sud-Est Européennes, Académie roumaine,
    Bucarest, Roumanie)
  • Arturo Morales (Laboratoire d’Archéozoologie, Département de biologie,
    Université Autonome de Madrid, Espagne)
  • Myriam Sternberg (Centre Camille Jullian, CNRS - Aix-Marseille Université,
    France)

COMITE D’ORGANISATION

  • Alexandre Baralis (Musée du Louvre, Paris, France),
  • Myriam Sternberg (Centre Camille Jullian, CNRS - Aix-Marseille Université, France)
  • Tatiana André (Aix-Marseille Université, France)
  • Lucas Bonjour (Aix-Marseille Université, France)

SESSIONS
- Session 1 : Nouvelle approches permettant d’estimer la place dédiée aux ressources
marines dans l’économie antique de la mer Noire : archéo-ichtyologie, archéoconchyliologie,
analyses isotopiques et ADN, étude de l’évolution des stocks marins et
des modifications affectant la biodiversité.
- Session 2 : Les occupations littorales en mer Noire durant l’Antiquité : adaptation des
populations humaines au milieu littoral, géographie et changements
géomorphologiques, exploitation des ressources locales.
- Session 3 : Données récentes sur les structures de productions liées à l’exploitation des
ressources de la mer et leur transport (fabriques de salaison, viviers, embarcations…)
en milieu indigène ou colonial.
- Session 4 : Réseaux d’échanges et diffusion des produits halieutiques en contexte
colonial grec et à l’époque romaine.