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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
UMR 7299
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
+33 (0)4 42 52 42 68

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Aménagements littoraux de la colonie grecque d’Olbia de Provence

JNA 2019 - Exposition

Exposition des photographies de la campagne d’étude des vestiges immergés d’Olbia, un regard sur les travaux d’archéologie avec les clichés de Loïc Damelet et Lionel Roux (CNRS, Centre Camille Jullian)
- Journées nationales de l’archéologie, 14-16 juin
- site archéologique d’Olbia, L’Almanarre, Hyères-les-Palmiers (83)

Avec le soutien du fonds de dotation ARPAMED, la municipalité de Hyères-les-Palmiers
- programme complet : https://journees-archeologie.fr/c-2019/.../Site-archeologique-d-Olbia

Reprise de l’étude des vestiges immergés

Les îles d’Hyères, que les auteurs antiques (Strabon, Pline l’Ancien) appellent Stoechades, les « alignées », sont les témoins depuis l’Antiquité d’une intense activité humaine. Elles constituent en effet un ancrage géographique stratégique : pointe méridionale de la Provence, frontière entre le golfe du Lion et la mer Ligure, les îles forment avec la presqu’île de Giens un espace semi-fermé, lieu d’étape incontournable pour les navires effectuant la liaison entre la péninsule italique et la Gaule, voir la péninsule ibérique.

Mais où est le port d’Olbia ?
Massalia/Marseille ne s’y est pas trompée et dès le Vème s. av. J.-C., de premières installations en lien avec la cité phocéenne sont présentes dans les îles. Cette influence grandissante se confirme au IVème s. av. J.-C. par l’établissement d’une colonie massaliote, Olbia, à la racine de la presqu’île de Giens. Bien sûr, son implantation en bord de mer est stratégique, et elle disposait probablement de structures portuaires. Mais la communauté scientifique s’interroge depuis longtemps sur la réelle position du port d’Olbia et sur son évolution au cours des siècles. Les érudits locaux se sont penchés sur la question et dès 1863 certains évoquent les « structures immergées » d’Olbia. A la fin des années 1990, une équipe d’archéologues, sous la direction de Luc Long (DRASSM) a tenté de percer le mystère des vestiges immergés d’Olbia en réalisant des relevés et en tentant de dater le site. Pourtant à l’heure d’aujourd’hui, personne n’est en mesure d’expliquer la fonction des enrochements immergés à proximité de la colonie ni de déterminer quand ils ont été mis en place.

Enquête en profondeurs
En mars 2019, grâce au soutien financier du fonds de dotation ARPAMED, une équipe pluridisciplinaire composée d’archéologues, d’architectes, de photographes et de topographes du Centre Camille Jullian, unité mixte de recherche d’Aix-Marseille Université et du CNRS (UMR7299), s’est rendue sur place avec l’objectif de lever une partie du voile sur cette question scientifique.

Vue des vestiges immergés. Photo L. Damelet (CNRS-CCJ, 2019)
 

Durant ces trois semaines, ils ont minutieusement nettoyé une grande partie des blocs d’architecture qui constituent la principale structure monumentale des aménagements littoraux immergés du site. A cette occasion, de nombreux détails de mise en œuvre ont été mis au jour sur les blocs : scellements et encoches en queue d’aronde pour l’assemblage des blocs entre eux notamment. Sur certains, les restes d’agrafes en métal, encore enrobés dans leur gangue de plomb, ont pu être observés.

Restituer les vestiges
Une série de prises de vues sous-marines a été réalisée pour assurer une couverture de la partie orientale de la structure ainsi que de l’amas de blocs situé à son extrémité. Cela représente environ 10 000 photographies. Celles-ci seront assemblées au moyen d’un logiciel spécialisé afin de créer un modèle tridimensionnel du site. De celui-ci sera extrait, entre autre, une vue « de dessus », grâce à laquelle un plan des vestiges sera dressé. Le traitement photogrammétrique de ces clichés requiert une grande puissance de calcul informatique, rendu possible grâce aux services d’outils 2D et 3D mis à disposition par le CNRS sur les serveurs de la TGIR Huma-Num. Ce modèle 3D sera positionné dans l’espace grâce au levé topographique du site réalisé en parallèle des opérations de nettoyage. Il permettra de mettre en regard les deux facettes d’Olbia, terrestre et sous-marine. Les investigations en milieu immergé ont été complétées par des prises de vues aériennes réalisées à l’aide d’un engin volant sans pilote (drone) afin de compléter notre vision d’ensemble du site étudié.

Bien plus riches que prévu, les vestiges immergés d’Olbia se révèlent progressivement à nos yeux. Le nettoyage des blocs d’architecture a mis en évidence des éléments que peu pouvaient soupçonner. L’étude de cet ensemble se poursuivra à la fois sous l’eau dans les années à venir, mais aussi à terre, en laboratoire.

Exposer les photos - Journées nationales de l’archéologie
En attendant que les vestiges livrent tous leurs secrets, ce sont les archéologues qui livrent un peu des leurs.
À travers l’œil des photographes du Centre Camille Jullian, Loïc Damelet et Lionel Roux, vous retrouverez les différentes étapes de la campagne archéologique 2019, du nettoyage des blocs jusqu’à leur documentation par différents moyens : photogrammétrie, topométrie, relevés manuels, croquis, dessins et photographies...
Cette série de clichés vous offre une immersion dans le quotidien des archéologues qui œuvrent en milieu immergé.


Galerie de l’exposition, Olbia (Hyères-les-Palmiers, 83), 14-16 juin 2019
Photos L. Damelet et L. Roux (CNRS-CCJ, 2019)

 

Remerciements
Ces travaux ont été réalisés grâce au soutien de nos nombreux partenaires, mais aussi et surtout grâce à l’accueil, la disponibilité et l’efficacité de toute l’équipe du site d’Olbia. Qu’elle en soit ici remerciée.

- Membres de l’équipe de recherche

  • Alex SABASTIA, coresponsable du projet, archéologue maritime, AMU/CCJ
  • Laurent BOREL, coresponsable du projet, architecte, CNRS/CCJ
  • Nicolas BOICHOT, archéologue, CNRS/CCJ
  • Emmanuel BOTTE, archéologue, CNRS/CCJ
  • Loïc DAMELET, photographe, CNRS/CCJ
  • Vincent DUMAS, archéologue, topographe, CNRS/CCJ
  • Tiffany KERSCHENMEYER, archéologue, AMU/CCJ
  • Sabrina MARLIER, archéologue, MdAa
  • Pierre POVEDA, archéologue maritime, CNRS/CCJ
  • Lionel ROUX, photographe, CNRS/CCJ

- Plongeurs bénévoles

  • Hervé CROQ, Club de plongée Iero
  • Patrick QUEVENARD, Club de plongée Iero
  • Christian REVEL, Club de plongée Iero
  • Christophe SILVANT, Club de plongée Iero
  • Jean-Claude VERRIERE, Club de plongée Iero

- Institutions participant au projet

  • Centre Camille Jullian (CCJ, UMR 7299), Aix-Marseille Université, CNRS, Ministère de la Culture
  • Ministère de la Culture, Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines (DRASSM)
  • Musée départemental Arles antique

- Partenaires du projet

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