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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
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France
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Exposition « Des Hautes-Alpes aux Hautes Steppes, Céramiques de l’Afrique romaine, Collection Aubert-Buès »

- Musée muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap
- du 30 novembre 2018 au 31 mars 2020

Vernissage le 30 novembre 2018, 18h - télécharger le carton d’invitation
Rencontre avec les chercheurs le 1er décembre 2018, 14h-17h

L’étude archéologique de la collection d’antiquités africaines Aubert-Buès a été menée de novembre 2015 à février 2016 dans le cadre d’un partenariat entre le Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap (Frédérique Verlinden), la Société d’Études des Hautes-Alpes (Yves Chiaramella), la Cellule Alpine de Recherches Archéologiques (Audrey Copetti) et le Centre Camille Jullian (Michel Bonifay), en collaboration avec le CEREGE, le laboratoire DISTAV de l’Université de Gênes, l’Université de Sfax (Tunisie) et l’Université de Sétif 2 (Algérie), et avec le soutien institutionnel du Centre National de Recherche en Archéologie d’Alger (Directeur : M. Toufik Hamoum) et de l’Institut National du Patrimoine de Tunis (Directeur Général : M. Faouzi Mahfoudh).

La collection Aubert-Buès : une richesse patrimoniale du département des Hautes-Alpes

Riche de près de 573 objets, dont 523 pièces de céramiques, cette collection d’antiquités a été constituée entre 1887 et 1901 par le gapençais Clément Aubert (1848-1932), Ingénieur des chemins de fer en Tunisie, puis directeur de la Compagnie des Chemins de Fer de Bône à Guelma et prolongements. C’est sur la zone frontalière algéro-tunisienne que Cl. Aubert a recueilli, au gré de ses chantiers de construction, les différents objets archéologiques que les ouvriers avaient mis au jour. À son retour, Clément Aubert transporte sa collection en France et, devant l’impossibilité d’une dévolution à la ville de Gap qui ne peut répondre à ses exigences testamentaires, la lègue à son neveu le Commandant Jean Buès (1884-1972). Ce dernier conserve la collection et, à la suite d’une expertise réalisée en 1971 par Paul-Albert Février, Professeur à l’Université de Provence, décide à son tour, à la fin de sa vie, d’en faire don à la Société d’Études des Hautes-Alpes. Après un premier inventaire réalisé par Philippe Borgard en 1982, la collection est déposée en 1983 par la Société d’Etude des Hautes Alpes au Musée Museum départemental de Gap, qui depuis, en assure la gestion et la conservation.

Cette collection est remarquable par son ampleur, la qualité des objets et sa rareté en dehors de l’Afrique du Nord. La très grande majorité des pièces est intacte ou présente une forme complète. ce qui est d’un intérêt certain car les pièces entières sont rares sur les chantiers de fouilles archéologiques et permettent de réaliser une étude typologique plus précise. Ces objets représentent actuellement un des catalogues les plus complets des productions céramiques des régions internes (non littorales) de l’Afrique romaine : Tunisie et Algérie.

Conservation, recherche et muséologie : une opération pilote menée en PACA

L’étude archéologique de la collection Aubert-Buès a été menée par deux archéologues spécialistes de la céramique romaine d’Afrique, MM. Tomoo Mukai (Centre Camille Jullian) et Rémi Rêve (Centre Camille Jullian, doctorant en cotutelle AMU-Université de Sfax). Une couverture photographique de l’ensemble des pièces de la collection a été réalisée par Mme Christine Durand, photographe au Centre Camille Jullian. Cette étude a été menée en collaboration avec M. Mongi Nasr, enseignant-chercheur à l’Université de Sfax et de M. Youcef Aibeche, professeur à l’Université de Sétif 2, tous deux spécialistes de l’archéologie des régions internes de l’Afrique romaine.
Au-delà des méthodes classiques communes à toute approche archéologique de la culture matérielle, un protocole d’étude archéométrique a également été mis en place : analyses en Fluorescence X portable, réalisées par Jean-Paul Ambrosi (CEREGE) avec un appareil de marque Brucker, et analyses pétrographiques en lames minces réalisées par Claudio Capelli (DISTAV, coll. ass. au CCJ), qui possède actuellement l’une des meilleures expertises pétrographiques sur les céramiques de l’Afrique romaine.

De l’utilité de l’étude des collections anciennes d’antiquités africaines

Cette expertise du mobilier archéologique de la collection Aubert-Buès a permis de confirmer que la majorité de la céramique conservée dans cette collection correspond à des productions originaires des régions internes de l’Algérie et de la Tunisie actuelles, entre Tébessa et Morsott au nord et Gafsa et Fériana au sud. Leur datation s’étend principalement du IIIe siècle apr. J.-C. au Ve siècle. Ces productions originales, qui restent encore largement méconnues, témoignent du décollage économique des régions internes de l’Afrique romaine à partir de la fin du IIe siècle apr. J.-C. Les résultats des analyses archéométriques et céramologiques de la collection Aubert-Buès permettent désormais de compléter le référentiel déjà acquis, en élargissant les spectres typologiques, chronologiques et détaillant la diversité des centres de productions des régions centrales d’Afrique du Nord. Elles confortent surtout la pertinence et l’efficacité de telles analyses mises en œuvre sans atteinte à l’intégrité de l’objet : une performance et une technique qui devraient être développées à l’avenir sur d’autres collections archéologiques dans des contextes similaires.

Enfin l’étude de la collection Aubert-Buès a permis à des spécialistes du Maghreb antique, quelle que soit leur nationalité, de travailler à distance et en commun sur un terrain d’étude peu exploré. L’étude exemplaire de cette collection au Musée muséum départemental des Hautes-Alpes est susceptible d’ouvrir la voie à d’autres études d’ensembles d’antiquités africaines déposés dans les musées de France et, plus généralement, d’Europe. Ces collections sont nombreuses, la demande des collectivités de disposer d’inventaires scientifiques précis existe, et il y a là un terrain propice au développement d’un nouveau volet de collaboration entre les archéologues des deux rives de la Méditerranée.

Organisation de l’exposition

- Commissariat de l’exposition
Yves CHIARAMELLA, Président de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes
Audrey COPETTI, archéologue, collaboratrice associée au Centre Camille Jullian
Frédérique VERLINDEN, Conservatrice en chef du Musée Muséum départemental

- Comité scientifique
Youcef AIBECHE, archéologue, Professeur à l’Université de Sétif 2, Algérie
Jean-Paul AMBROSI, archéomètre, Chargé de Recherche au CNRS, Centre européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement
Fathi BEJAOUI, archéologue, Directeur de Recherche à l’Institut National du Patrimoine de Tunisie
Michel BONIFAY, archéologue, Directeur de Recherche au CNRS, Centre Camille Jullian
Claudio CAPELLI, archéomètre, Chercheur au Dipartimento di Scienze della Terra dell’Ambiente e della Vita de l’Université de Gênes, Italie
Tomoo MUKAI, archéologue, Ingénieur au CNRS, Centre Camille Jullian
Mongi NASR, archéologue, Maître assistant à l’Université de Sfax, Tunisie
Rémi REVE, archéologue, Doctorant au Centre Camille Jullian (Aix-Marseille Université/Université de Sfax)

- Avec la participation de
Touatia AMRAOUI, archéologue, Chargée de Recherche au CNRS, Centre Camille Jullian
Imed BEN JERBANIA, archéologue, Chargé de Recherche à l’Institut National du Patrimoine de Tunis
Philippe BORGARD, archéologue, Chargé de Recherche au CNRS, Centre Camille Jullian
Danièle FOY, archéologue, Directrice de Recherche au CNRS, Centre Camille Jullian
Céline HUGUET, archéologue, Direction de l’Archéologie à Aix-en-Provence
Yves RIGOIR, archéologue, Lambesc

- Scénographie, coordination
Audrey COPETTI, archéologue, collaboratrice associée au Centre Camille Jullian

- Avec le soutien de
Aix-Marseille Université
Centre Camille Jullian (Aix-Marseille Université, CNRS, Ministère de la Culture)
Centre National de Recherche en Archéologie (Algérie)
Institut Français d’Algérie (Ambassade de France en Algérie)
Institut Français de Tunisie (Ambassade de France en Tunisie)
Institut National du Patrimoine (Tunisie)
Les Amis du Musée muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap
Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme
Société d’Etude des Hautes-Alpes

Revue de presse

- Le Dauphiné libéré, samedi 1er décembre 2018, p. 5
Erratum : Contrairement à ce qui est écrit, c’est M. Faouzi Mahfoudh (au centre de la photo, aux côtés de M. le Consul Général d’Algérie à Marseille), qui est l’actuel Directeur Général de l’Institut National de Patrimoine de Tunis. Il était accompagné de M. Fathi Bejaoui (à gauche sur la photo), Directeur de Recherche à l’Institut National du Patrimoine, spécialiste de l’archéologie des Hautes Steppes, qui a contribué activement au Comité Scientifique de l’exposition, et de M. Mongi Nasr (à droite sur la photo), enseignant-chercheur à l’Université de Sfax, spécialiste de céramique romaine.