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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
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France
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GOLOSETTI Raphaël (ATER)

ATER 2010-2011
Docteur de l’Université de Provence depuis le 30/11/2009
Contact : golosetti@mmsh.univ-aix.fr

Thèse intitulée « Géographie du Sacré du Sud-Est de la Gaule, de la Protohistoire récente au Haut-Empire » soutenue le 30 novembre 2009 sous la dir. de D. Garcia.

Composition du jury

  • Sandrine Agusta-Boularot - Maître de conférence HDR, « Sciences de l’Antiquité », Aix-Marseille Université
  • Olivier de Cazanove - Professeur d’Archéologie de la Gaule et de l’Occident romain, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Dominique Garcia - Professeur d’archéologie (Antiquités nationales et Protohistoire européenne), Aix-Marseille Université
  • Stefanie Martin-Kilcher - Professeur d’archéologie des provinces romaines, Instituts für Ur- und Frühgeschichte & Archäologie der Römischen Provinzen, Université de Bern
  • Matthieu Poux - Professeur d’archéologie romaine et gallo-romaine, université Lumière Lyon 2

Résumé de la thèse

La thèse de « Géographie du Sacré du Sud-Est de la Gaule, de la Protohistoire récente au Haut-Empire », s’appuyant sur une documentation archéologique et historique, s’est intéressée à l’implantation des lieux de culte par rapport à l’espace naturel et anthropisé, à travers une approche issue de la géographie humaine et de l’anthropologie. Ce regard nouveau porté sur le sacré s’articule autour de trois notions essentielles : le géosymbole naturel, le géosymbole mémoriel (lieu de mémoire) et le sanctuaire en tant que géosymbole.

La lecture symbolique du paysage intervient pour expliquer un certain nombre de localisation de lieux de culte : des sources, avens, hauteurs renvoient nécessairement à la perception antique de l’espace. D’autres sanctuaires (à stèles du 1er âge du Fer ou les lieux de culte du Haut-Empire sur oppidum) se comprennent par une lecture historique ou mémorielle de l’espace. Néanmoins toute localisation de lieu de culte ne s’explique pas par la Symbolique : des lieux de culte dans les quartiers péri-urbains de chefs-lieux de cité ou dans les agglomérations du territoire des cités, les sanctuaires en relation avec les voies de passage ou les exploitations domaniales correspondent surtout à des lieux de culte répondant aux besoins « quotidiens » des communautés. Cependant, il faut prendre en considération un renversement de la perspective où le lieu de culte, par son rôle dans l’appropriation du territoire, devient un marqueur spatial. Le sanctuaire prend alors sens au sein du territoire que ce soit au niveau de frontière administrative ou politique que sur des interfaces symboliques telles que les cols.

L’élaboration du corpus a reposé sur deux démarches : l’une pour la période protohistorique porte avant tout sur le fait religieux et non exclusivement sur le concept d’espace sacré. Il s’agit de considérer le vaste champ des marqueurs de rites et de pratiques religieuses pour la période protohistorique, à l’exception du domaine funéraire, afin de proposer une définition des lieux de culte ou espaces sacrés pour la période protohistorique, définition (et typologie) susceptible d’inclure ou d’exclure la statue, piliers à encoches et autres comme des indices d’un sanctuaire. La démarche pour le Haut-Empire s’appuie sur les travaux récents de définitions des lieux de culte = J. Scheid (1997, 51-52 ; 1998, 20-25 et 57-66 ; Dubourdieu, Scheid 2000, 60-63), qui présentent une définition de la religion romaine et de l’espace sacré ou sanctuaire. Nous avons employé ainsi essentiellement la grille de lecture développée par J. Scheid (1997 ; 2000) pour établir les critères de sélection des sites. L’une des originalités de ce travail est dans l’étude diachronique des phénomènes religieux afin de permettre à chaque période d’éclairer l’autre.

Ce corpus réuni dans une base de données relationnelles (access) et fournit sous la forme d’un catalogue informatisé (cd-rom) dans la thèse comprend 173 sites associés à 297 structures archéologiques pour 200 fiches mobilier, 559 inscriptions retranscrites (sur un total de 1041 inscriptions évoquées dans la bibliographie), 67 références littéraires antiques ou médiévales, 39 références d’itinéraires antiques, 37 inscriptions non religieuses évoquant un théonyme d’un sanctuaire reconnu archéologiquement ou par l’épigraphie, 83 statues ou fragments de statues, 401 stèles ou socles de stèles protohistoriques, 96 piliers/linteaux de l’âge du Fer et plus d’une cinquantaine de fragments de crânes humains (pris en compte dans le cadre de pratiques rituelles protohistoriques).

Outre une description des données archéologiques, il a été renseigné pour chaque site une description de la topographie et de l’occupation du sol dans un rayon de 5 km. Il a été inventorié ainsi 189 agglomérations et 1008 habitats ruraux dans ce rayon concernant les 173 sites du corpus. L’ensemble de la documentation a ensuite été exploité dans le cadre d’un système d’information géographique (S.I.G.) afin de gérer au mieux la documentation abondante. Son emploi a été essentiellement à visée cartographique afin d’utiliser le S.I.G. comme ce qu’il est soit un outil et non une finalité scientifique.

En définitive, cette synthèse sur une zone géographique qui n’en connaissait pas encore, a visé à ouvrir le champ des hypothèses dans la compréhension des phénomènes responsables de la distribution des lieux de culte, en prenant en compte la perception antique du paysage à travers une lecture dynamique et diachronique et en analysant le poids du lieu de culte dans l’espace. Elle s’est également nourrie d’autres notions (zone-seuil, polarisation, dynamique spatiale) permettant de combiner une interprétation inspirée de la géographie culturelle (géosymbole) et une seconde interprétation attachée à l’identification des influences de l’activité (économique, politique...) humaine dans la définition du paysage religieux.

Recherches actuelles

  • Je travaille actuellement à la publication rapide de la thèse.
  • Responsable d’une opération archéologique sur le sanctuaire gallo-romain du col d’Adon, (Les Mujouls, 06) depuis juillet 2006, je souhaite saisir l’organisation de ce lieu de culte attesté notamment par la documentation épigraphique et à l’implantation particulière en termes de perception du paysage et d’intégration dans un réseau d’habitat. Après plusieurs campagnes de fouilles et de prospection géophysique, la connaissance du site s’est remarquablement renouvelée : d’un sanctuaire « isolé » dans la nature d’après les données bibliographiques, nous sommes passés à un sanctuaire lié à un habitat groupé d’au moins 3600 m², relativement bien conservé et lié à l’exploitation du col. La qualité de conservation de l’établissement fouillé en extensive nous conduit à poursuivre notre recherche, notamment du sanctuaire, afin de caractériser au mieux ce lieu de culte (statut, ampleur...) dans un espace géographique à l’écart des zones intensivement étudiées par la recherche archéologique.
  • Contribution à l’étude d’autres sanctuaires dans la région P.A.C.A. :
    • responsable de secteur sur l’oppidum de Constantine (sanctuaire et habitat) à Lançon-de-Provence (13) sous la responsabilité de F. Verdin (Ausonius, U.M.R. 5607, Pessac, chercheur associé au C.C.J.) depuis 2007
    • Membre de l’équipe archéologique intervenant sur l’oppidum du Castellar de Cadenet (84) sous la responsabilité de D. Isoardi.
    • Etude des fragments architecturaux protohistoriques découverts sur le site de Château-Bas à Vernègues (13), sous la responsabilité de S. Agusta-Boularot, maître de conférence à l’université de Provence, en 2008 et 2009.
  • Contribution à l’étude de site antique à l’étranger :
    • Responsable de secteur sur le site antique (sanctuaire, ensemble thermal et habitat) de Jebel Oust (Tunisie), sous la responsabilité de J. Scheid (professeur au Collège de France), A. Ben Abed (I.N.P., Tunisie), H. Broise (C.N.R.S., I.R.A.A., U.M.R. 6222) et C. Balmelle (directeur de recherche C.N.R.S., Centre H. Stern U.M.R. 8546) depuis 2008.
  • Membre du P.C.R. « Riez et le territoire riezois : approches diachroniques » » sous la responsabilité de P. Borgard (CCJ, U.M.R. 6573), il a été réalisé, dans ce cadre, un corpus documenté et exhaustif des lieux de culte protohistoriques et gallo-romains en tentant de comprendre leur relation éventuelle avec l’occupation du sol bien connue sur le territoire de la cité de Riez en raison des nombreuses prospections menées par des équipes du laboratoire.
  • Membre du Groupe De Recherche (G.D.R.) du CNRS « “JurAlp” : Dynamique holocène de l’environnement dans le Jura et les Alpes : du climat à l’homme » 2006-2009 sous la responsabilité de M. Desmet (EDYTEM - UMR 5204, Chambéry), de M. Magny (LCE -UMR 6565, Besançon) et F. Mocci, (CCJ - UMR 6573, Aix-en-Provence).
  • Membre du projet A.N.R. (Agence Nationale de la Recherche) « jeunes chercheurs » PRISME (Pratiques Rituelles et Symboliques en Méditerranée nord-occidentale, VIIIe – Ier siècles avant notre ère) de 2009 à 2012 sous la responsabilité de R. Roure, maître de conférence à l’université Montpellier III.

Articles

  • Ben abed et alii à paraître : BEN ABED (A.), BALMELLE (C.), ANDRE (N.), DUROST (R.), GOLOSETTI (R.), MONTEIX (N.) - Jebel Oust (Tunisie) – le secteur de la résidence. MEFRA, 121, 1, 2009.
    -  Golosetti 2008 : GOLOSETTI (R.) - Rupture et continuité dans l’implantation des li*eux de culte alpins entre la protohistoire et la période romaine. In : RICHARD (H.), GARCIA (D.) (dir.) – Le peuplement de l’arc alpin. Paris, éd. C.T.H.S., 2008, coll. Documents préhistoriques, édition électronique n° 2, actes du 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques Tradition et innovation (Grenoble, 24-28/04/2006), pp. 273-287.
  • Golosetti 2009 : GOLOSETTI (R.) - Dépôts rituels de la Protohistoire récente en Gaule méditerranéenne : définition et questions méthodologiques. In : BONNARDIN (S.), HAMON (C.), LAUWERS (M.), QUILLIEC (B.) (dir.) - Du matériel au spirituel. Réalités archéologiques et historiques des « dépôts » de la Préhistoire à nos jours. Antibes, éd. APDCA, XXIXe rencontres internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes (16-18 octobre 2008), 2009, pp. 293-302.
  • Mocci et alii à paraître : MOCCI (F.), GOLOSETTI (R.), SEGARD (M.), WALSH (K.) - Données récentes sur l’occupation humaine dans les Alpes méridionales françaises durant l’Antiquité. In : Colloque International Archéologie de l’espace montagnard : confrontation d’expériences européennes. Aix-en-Provence/Gap, Muséum Départemental de Gap / Ministère de la Culture / Centre Camille-Jullian, actes de colloque international (Gap, 29 septembre-1er octobre 2008), à paraître.

Parcours de recherche

A la suite d’un cursus en histoire à l’université U.P.M.F. de Grenoble II puis en archéologie à l’université de Provence, le travail de thèse achevé a été une suite logique à des travaux universitaires réalisés en maîtrise et en D.E.A. sur les sanctuaires dans les Alpes occidentales. Allocataire de recherche-moniteur 2004-2007 à l’université de Provence puis attaché temporaire d’enseignement et de recherche à temps partiel dans la même université en 2007-2008, la thèse a été soutenue le 30 novembre 2009.

Mots-clefs : archéologie, histoire des religions, géographie humaine, sanctuaire, Protohistoire, Haut-Empire, géosymbole, lieu de mémoire, Provence, Alpes occidentales, vallée du Rhône