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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
UMR 7299
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
+33 (0)4 42 52 42 68

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Axe B - La mer en partage

Responsables G. Boetto, M.-B. Carre et F. Cibecchini

La Méditerranée au sens large est le point de convergence de cette thématique : exploitée pour ses ressources, sillonnée de nombreux vaisseaux chargés d’hommes et de marchandises, ses littoraux accueillent ports et grands domaines.
Certains de ses programmes s’inscrivent dans les domaines de compétence traditionnels du CCJ qui souhaite poursuivre ses études pionnières sur l’architecture navale et la navigation, les cargaisons submergées, l’épigraphie sur instrumentum, les ports. D’autres se sont développés plus récemment, comme celui autour des villae littorales, ou se modifient au gré des progrès des techniques scientifiques qui permettent d’explorer de nouvelles pistes de connaissance, dans les domaines de la modélisation 3D des navires et cargaisons, de la chimie pour les contenus d’amphores et pour la caractérisation des matériaux d’étanchéité des navires, de l’archéométrie pour les analyses de corps céramiques, des analyses biochimiques pour l’ichtyofaune.
Les membres de cet axe sont fortement liés au Master d’excellence MoMarch sur l’archéologie maritime et littorale (enseignement, encadrement et suivi de mémoire).

PROGRAMME 1 - Navires et navigation
(coordonné par G. Boetto)

Actions de terrain, traitement et élaboration en laboratoire des données récoltées (restitutions 3D informatiques) constituent la base de ce programme, avec une attention particulière portée à la publication des résultats. On retient notamment :

  • la poursuite ou la mise en place de nouveaux programmes de fouilles sous-marines ou subaquatiques en France, dans le Rhône et dans le golfe de Fos et dans le territoire élargi du Parc National de Port Cros, et à l’étranger, notamment en Croatie (programmes financés par le MAEDI en Istrie, Dalmatie et dans les eaux intérieures) et à Malte (épave de Xlendi).
  • les navigations expérimentales de la réplique navigante Gyptis du bateau grecque archaïque Jules-Verne 9.
  • les projets de restauration et de présentation muséographique des épaves romaines fouillées en 2004 et 2015 à Naples et à Isola Sacra (Italie) et en 2013 à Pula (Croatie), en liaison avec les autorités locales et avec les laboratoires de restauration impliqués.
  • l’organisation à Marseille en octobre 2018 du quinzième colloque international « International Symposium on Boat and Ship Archaeology (ISBSA) », le plus important rendez-vous international dans le domaine de l’archéologie navale.

PROGRAMME 2 - Espaces littoraux
(coordonné par M.-B. Carre, S. Fontaine, C. Rousse)

Appuyé sur des recherches de terrain tout autour de la Méditerranée, les deux volets de ce programme concernent l’aménagement du littoral : d’une part – dans un large horizon chronologique - les complexes portuaires avec leurs structures bâties organisant le paysage (quais, aménagements portuaires, entrepôts etc) ; d’autre part, les villae maritimes d’époque romaine, avec l’objectif d’étudier leur implantation sur les littoraux, d’analyser leur fonction économique et leur rôle dans la structuration du territoire.

- Les ports

  • Un important volet est consacré aux Bouches du Rhône. Le projet Fossae Marianae a pour ambition la reprise et le développement des recherches archéologiques, historiques et paléo-environnementales liées à l’installation, au fonctionnement et à l’abandon du complexe portuaire antique de Fos et de sa liaison avec Arles via le canal de Marius. Parallèlement se poursuivent les recherches sur le port de l’Antiquité tardive d’Ulmet (Arles - Camargue).
  • En Grèce, les études du port de Kyllene (coll. Finish Institute et Univ. Patras) et du système portuaire de Corfou (coll. Univ. Mayence) se poursuivent en lien avec le Master MoMarch.
    Les publications de fouilles anciennes sont reprises : Marseille (place Jules-Verne et la Bourse) ; Aquilée (le port fluvial).

- Les villae maritimes

  • En Narbonnaise, la reprise des données anciennes est en lien étroit avec le PCR sur l’embouchure du Rhône ;
  • sur la côte orientale de l’Adriatique, en Istrie, les opérations de terrain et le développement des études pluridisciplinaires autour des domaines mitoyens de Loron/Santa Marina et Mozaik sont intégrés dans un programme de recherche financé par le MAEDI et l’EFR ;
  • en Dalmatie, le projet de recherche sur l’île de Brac a pour ambition d’étudier de manière approfondie l’impact de la présence romaine dans la zone centro-méridionale de la province de Dalmatie ;
  • en Corse, la villa de Piantarella et les aménagements littoraux (viviers ?) sont en cours d’évaluation pour une éventuelle collaboration avec le Service régional de l’archéologie.

PROGRAMME 3 - Echanges maritimes
(coordonné par E. Botte, M.-B. Carre, F. Cibecchini)

Indissociables, plusieurs aspects de l’étude des amphores, témoins privilégiés du commerce maritime, sont abordés ici :
- L’épigraphie, avec la reprise des travaux sur le Recueil de Timbres sur Amphores Romaines, avec refonte de la base de données en ligne, et création d’une base en ligne dédiée aux inscriptions amphoriques du CIL IV.
- Le commerce maritime : amphores, cargaisons, épaves

  • Commerce de redistribution et « grand commerce » à l’époque romaine à travers l’examen des nouveaux gisements à grande profondeur, en particulier en Corse.
  • Amphores : les études en cours et à développer, bénéficiant de collaborations bien établies avec les institutions étrangères, couvrent un vaste horizon géographique et chronologique. Pour les productions de l’Italie romaine, on envisage la circulation des amphores tyrrhéniennes à la période tardo-républicaine en Méditerranée et en Europe occidentale, en Egypte et dans le Levant (projet IFAO/CRFJ) ; la question de la production d’amphores sur les côtes italienne et dalmate de la mer adriatique est reprise et leur diffusion réexaminée, notamment en mer Egée et en Narbonnaise (Fréjus). Les productions africaines présentent l’intérêt d’avoir été exportées de manière quasiment universelle du IIe au VIIe siècle de notre ère : leur diffusion est étudiée à Rome (Mercati Traianei), en Narbonnaise (golfe de Fos), en Europe occidentale (Vallée du Rhin supérieur, façade atlantique, en Suisse (coll. Université de Neuchâtel), en Albanie, en Syrie, en Egypte, etc.
  • Les épaves, parfois anciennement fouillées, offrent des contextes clos qui sont réexaminés à la lumière des données récentes sur les origines et les contenus : amphores adriatiques en mer Egée, amphores africaines en France, Corse et en Croatie ; amphores levantines de l’épave Fos 1.
    En parallèle, on reétudie la circulation des céramiques communes, notamment les communes italiques, mal connues et qui complètent le matériel mis au jour dans les épaves des côtes gauloises auxquelles on ajoute les découvertes sous-marines inédites le long de la péninsule d’Amalfi et Sorrente (épaves, ancres, amphores) pour une carte archéologique de la Campanie.

PROGRAMME 4 - La pêche : ressources et nouvelles approches économiques
(coordonné par M. Sternberg)

Une lecture critique des multiples écrits sur la pêche dans l’Antiquité et l’établissement de liens entre les différents secteurs de l’économie vivrière méditerranéenne en Narbonnaise (élevage, chasse, agriculture et pêche) orientent les travaux, en particulier :

  • mise en place d’un volet de formation spécifique, en France et au Maghreb, qui s’appuie sur la publication de documents techniques et analytiques normalisés dans le cadre du GDR 3644 Bio-archéodat.
  • développement d’un programme d’analyses biochimiques pour mieux reconnaître les marqueurs de consommation piscicoles dans l’alimentation des communautés humaines (collab. LAMPEA, Paléogénomique et Evolution Moléculaire) ; la scléro-chronologie des pièces osseuses et des otolithes de poissons (collab. IMBE) ; l’étude de données archéo-ichtyofauniques du Haut-Moyen Age (collab. LA3M). Enfin, l’étude des ressources aquatiques dans l’économie du littoral d’Afrique du Nord prendra place dans le cadre d’une collaboration avec l’Institut Agronomique de Tunis : inventaires des données archéozoologiques et création d’une base de données, analyses biochimiques ; enquêtes sur les techniques de pêches traditionnelles en Tunisie.