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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
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Les bases NEsp et RBR : Sculptures de la Gaule romaine

Bases de données et projet EURYDICE : enrichissement et exploitation multimédia d’une base de données sur le patrimoine lapidaire du territoire national. Accès aux bases NESP et RBR

Abstract :
From the databases NESP and RBR dealing with the Roman sculptures from the entire Gaule, the EURYDICE project will propose a multimedia framework and tools using diversified and complementary competences from the human sciences and computer sciences. EURYDICE is based on three fundamental steps : (1) the enrichment and a management of the databases that are already available and operational ; (2) the implementation of multilingual and multimedia technologies ; (3) the dissemination of the structure.
In the field of the archaeological patrimony, EURYDICE creates a multimedia concept by the mutualisation of knowledge and know-how of the CNRS and the CEA LIST to enrich, valorize and mediatise data keeping their authenticity and integrity. It is the exploitation of these high-level contents, regrouping Roman sculptures of the national territory, to become : -a scientific tool for exploring the collective memory stored about these sculptures ; -an open tool for a wide spectrum of public users, integrating a wide variety of approaches to the data (different search strategies through multilingual and visual content-based technologies) providing an innovative and enticing access to this cultural information. EURYDICE will make up a deficit of tools for the enrichment, the valorization and the documentation of the corpus and efficient and innovative tools for the analysis and the retrieval of the data. These tools, essential for the durability of the databases, would enable to propose a real, open and competitive standard to the scientific community.


Écran du site NEsp

Ecran du site NEsp



La base de données NEsp est issue d’un programme de recherche du Centre Camille Jullian sur les collections des sculptures romaines de la Gaule Narbonnaise.

Dans un premier temps, les données collectées dans les musées du sud de la France ont été gérées par la base NarboSculpture. Cette recherche s’est élargie, à la faveur de l’opération du Nouvel Espérandieu, Recueil Général des Sculptures sur pierre de la Gaule, menée par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sous la direction d’Henri LAVAGNE. Elle couvre à présent l’inventaire, la gestion, l’étude et la publication des sculptures de l’ensemble de la Gaule romaine. L’accroissement constant des données a nécessité la création de la base NEsp sous la responsabilité de Danièle Terrer.

Cette base devrait contenir au moins 15000 fiches et 60000 images. Certes, c’est un projet qui se réalise dans la durée, ce qui est, sans doute, le sort de tous les grands inventaires nationaux. Ce fut celui de l’inventaire réalisé par Emile Espérandieu de 1907 à 1938 (onze volumes), puis par Raymond Lantier de 1947 à 1966 (quatre volumes), l’ensemble constituant une collection prestigieuse de près de 10000 sculptures publiée sous le patronage de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Jusqu’à la publication d’un Nouveau Recueil Général des Sculptures sur pierre de la Gaule, c’était le seul inventaire connu.

En outre, ce premier inventaire, constitué par Emile Espérandieu au début du siècle dernier, était illustré par des plaques de verre dont nous avons pu assurer le sauvetage en les numérisant et en les indexant dans une base de données RBR en vis-à-vis de la nouvelle base NEsp . Ces plaques sont en partie conservées au Palais du Roure à Avignon et au Fort de Saint-Cyr. Jean-Daniel PARISET, Conservateur des Archives de Saint-Cyr, conscient à la fois de la précarité de ces fragiles documents du siècle dernier et de leur immense valeur de témoignage, a bien voulu entreprendre leur sauvetage, aux côtés de Henri LAVAGNE, Membre de l’Institut.
La mise à disposition des plaques de verre auprès de la communauté scientifique a été rendue possible par le Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine. Diffusion RMN. La valorisation de ces plaques revient au Centre Camille Jullian où elles ont pu être indexées et intégrées dans la base de données RBR où sont consignés les identifications proposées par Emile Espérandieu, les références au CIL , les sources, les dessins et relevés anciens.


Écran de la base RBR – à gauche, exemple de fiche d'identification avec image réduite, à droite une image de grande dimension - Documents Centre Camille Jullian

Base RBR – A gauche, exemple de fiche d’identification avec image réduite. L’ « accès archives » sous l’image, met à la disposition de l’utilisateur l’archive aux dimensions initiales après numérisation de la plaque, à savoir une image de grandes dimensions à droite. Documents Centre Camille Jullian



A partir des bases de données NEsp et RBR qui constituent l’accompagnement documentaire de la publication traditionnelle du Recueil Général des Sculptures sur pierre de la Gaule, le projet EURYDICE propose la mise en place d’un environnement multimédia faisant appel à des compétences diversifiées issues des sciences humaines et des sciences mathématiques. Le projet EURYDICE s’articule autour de trois étapes essentielles :

- Enrichissement et gestion des bases de données déjà opérationnelles ;
- Implémentation de technologies multimédia et multilingue ;
- Dissémination de la structure.

Dans le contexte en sciences humaines d’un patrimoine documentaire archéologique, le projet EURYDICE instaure un concept multimédia mettant en œuvre, par le médium informatique, une mutualisation des savoirs, et faisant appel à un métissage de collaborations et à des passerelles de compétences propres à enrichir, valoriser et médiatiser les données en sauvegardant leur authenticité et leur intégrité. Ces contenus de haut niveau, rassemblant les sculptures romaines du territoire national, sortent ainsi de leur anonymat pour : - devenir un outil complet ayant vocation à gérer la mémoire collective dans le monde savant ; - permettre à un public diversifié d’accéder à des connaissances inexplorées et complexes, par l’intermédiaire de technologies multimédias : moteur de recherche au choix, analyse et recherche de contenu multimédia et multilingue, indexation d’images conduisent à une technicité aboutie et à une libre créativité dans l’accès à la connaissance qui font d’une base de données à usage spécifique, un modèle international, compétitif, innovant et ouvert.

Une fois ces bases créées et devenues fonctionnelles, il était nécessaire d’aller plus loin pour qu’elles bénéficient d’un environnement résolument actuel, créatif, exigeant, et qui les dote d’un fonctionnement pérenne, d’une modernité peu en usage dans nos disciplines, justement en allant puiser dans les sciences voisines.
Les objectifs du projet EURYDICE sont, outre la valorisation des corpus, le développement des fonctionnalités de recherche de données textuelles multilingues et d’analyse et d’indexation d’images, permettant aux utilisateurs de regrouper des images partageant certaines caractéristiques visuelles - qu’elles soient liées au contexte global ou à des détails précis. La mise en œuvre de ces outils apportera une réelle valeur ajoutée aux capacités de recherche du système, mais aussi une innovation importante dans les méthodes d’analyse des données archéologiques. Le troisième objectif est la dissémination de la structure de NEsp .

Le projet EURYDICE est composé de trois grandes tâches organisées en plusieurs opérations :

- Tâche 1. Enrichissement et gestion des bases de données :

  • Définition des formats et protocoles ;
  • Préparation et normalisation des données ;
  • Enrichissement du corpus.

Outre la valorisation des corpus, seront traités l’extraction, l’enrichissement et l’indexation automatiques des données de la base.


- Tâche 2. Implémentation de technologies multimédia et multilingue :

  • Extraction de concepts ;
  • Indexation des données textuelles et recherche multilingue ;
  • Analyse et indexation des images : recherche d’images par le contenu et reconnaissance des formes, en particulier le développement des fonctionnalités d’indexation d’images, permettant aux utilisateurs de regrouper des images partageant certaines caractéristiques visuelles- qu’elles soient liées au contexte global ou à des détails précis. C’est ainsi que l’équipe CNRS a demandé au CEA LIST d’adapter des applications propres au traitement de l’information en appliquant par exemple la recherche par le contenu et la reconnaissance des formes à l’étude des portraits romains. Ce seul projet constitue déjà une avancée et une innovation considérables. La mise en oeuvre de ces outils devrait apporter une réelle valeur ajoutée aux capacités de recherche du système, mais aussi une innovation importante dans les méthodes d’analyse des données archéologiques ;
  • Evaluation technologique des performances ;
  • Extraction et enrichissement automatique des connaissances.

Dans une perspective de mutualisation, optimiser les échanges culturels entre scientifiques et étudiants de toute nationalité en permettant une consultation des données dans le langage d’origine de l’utilisateur. L’expérience du CEA LIST dans l’exploitation de l’ingénierie linguistique multilingue rendue nécessaire dans les bases de données à diffusion internationale, permettra de poser une requête dans une langue et d’obtenir la réponse dans la langue de son choix.


- Tâche 3. Dissémination de la structure :

  • Diffusion de la base au sein du corps enseignant ;
  • Présentation et valorisation de la base dans la communauté scientifique ;
  • Evaluation d’utilisation ;
  • Promotion vers le grand public.

La dissémination de la structure de NEsp vers d’autres équipes nationales ou internationales travaillant sur des thématiques similaires représentera une avancée technologique, une normalisation pertinente des données en Sciences Humaines et une économie de moyens en recherche et développement.

NEsp est intégrée de façon très claire dans les projets pédagogiques actuels, tant pour le secondaire que pour l’enseignement supérieur




Extrait d'un document pédagogique sur Hadrien Hadrien et Sabine Musée de Vaison-la-Romaine - Document Centre Camille Jullian

Extrait d’un document pédagogique sur Hadrien Hadrien et Sabine Musée de Vaison-la-Romaine. Document Centre Camille Jullian.



L’intérêt de ce programme novateur dans le monde des sciences humaines est de concentrer et de maîtriser un flux important de données de haut niveau, de redistribuer l’information et d’offrir aux utilisateurs des technologies innovantes de consultation et d’analyse de ces données, en mettant en œuvre des outils de recherche et d’analyse des données textuelles et picturales. L’originalité principale du projet tient dans sa volonté de sortir les données du carcan classique des bases traditionnelles et d’offrir au corpus un ensemble d’outils performants de recherche et d’analyse. Des retombées scientifiques originales avec des méthodes d’analyse particulièrement innovantes impliquant des méthodes pédagogiques rénovées permettront de construire un véritable modèle en sciences humaines, applicable à tout artefact.

L’apport d’une haute technicité et innovation via les techniques de traitement et de recherche d’information multimédia et multilingue permet la création d’un modèle adaptable à tout objet de connaissance dans le domaine de la sculpture. L’apport de partenaires étrangers intéressés devrait servir, dans le respect de leurs besoins individuels, à illustrer l’intégrité pertinente de NEsp , son adaptabilité et son application à tout objet archéologique. Ce modèle permet un gain tant au niveau des ressources humaines que des investissements en recherche et développement pour la mise en place d’une gestion documentaire exemplaire, à la hauteur de la qualité des données accumulées dans de très nombreux laboratoires du territoire national, ainsi que dans la plupart des organismes de recherche, laboratoires ou musées hors territoire, mais ayant les mêmes orientations scientifiques. Le principal critère de réussite sera donc l’évaluation du modèle de la base de données par des partenaires extérieurs au projet.


Responsable : Danièle Terrer

Associés : Nicolas Richard et Stéphanie Satre