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Riez, la résurrection d’une cathédrale antique

L’agglomération antique qui a précédé la ville moderne de Riez pouvait s’enorgueillir, en dépit de sa relative modestie, de posséder deux édifice thermaux de grande ampleur. Celui des deux ensembles qui se dressait en limite méridionale de la ville, identifié maintenant sous l’appellation de « thermes du Sud », eut un destin particulier : c’est dans les ruines de ce monument que fut établi au début du Ve siècle le premier groupe cathédral de la cité bas-alpine. En dépit des déplacements successifs de l’agglomération, l’édifice aura une longue vie puisqu’il continuera à être utilisé jusqu’à l’extrême fin du XVe siècle. Il est alors converti en carrière de matériaux et scrupuleusement démantelé.

Premières interventions

Peu d’éléments subsistent en élévation de l’ensemble épiscopal ainsi sacrifié. Son baptistère, toutefois, a été intégralement préservé.

Fig. 1 : Proposition de restitution des élévations du baptistère de Riez dans son état initial du Ve siècle (Dessin : Camille Castre / DLVA)

N’ayant plus de rôle spécifique, ce petit monument d’une dizaine de mètres de côté est tout d’abord cédé à la confrérie des tailleurs d’habits, puis à un groupe de pénitents avant de perdre toute fonction religieuse au moment de la Révolution. Ébranlé sans doute par les démolitions qui avaient entrainé la disparition des autres composantes du groupe cathédral, il connaitra entre la seconde moitié du XVIIe siècle et le début du XXe siècle plusieurs travaux de renforcement, notamment en 1817-1818 (Fig. 2) et en 1906-1907 (Fig. 3).


Fig. 2 : Vue générale du baptistère de Riez après la « restauration » de 1817-1818. Le parement externe du monument a été entièrement détruit puis reconstruit en léger retrait. L’intérieur a été en revanche préservé (Dessin d’Antoine Melling / Musée de Salagon)

Fig 3 : Vue générale du baptistère de Riez après la restauration de 1906 et son aménagement en « Musée lapidaire ». Le musée a été inauguré en 1929 (Collection privée).

Ces interventions, maladroites à plusieurs égards, entrainent la refonte complète de tout le parement externe de l’édifice, modifient l’aspect de sa partie supérieure et détruisent son sol originel. Elles permettent toutefois de sauver l’édifice, lequel conserve - à l’intérieur - ses élévations originelles sur près de six mètres de hauteur.

La restauration du baptistère aujourd’hui

Un siècle après l’intervention du début du XXe siècle, et deux cents ans après les travaux de 1817-1818, la question de la préservation de l’édifice se posait de nouveau. L’intervention qui est alors programmée, destinée à valoriser le monument, est précédée par sept campagnes de fouilles coordonnées par le CNRS. Celles-ci permettent de mettre au jour et d’analyser toute la partie nord du groupe épiscopal, à l’exception d’une bande de terrain utilisée par la route départementale RD 952.

La première tranche de l’opération de mise en valeur, financée par l’État, la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence et la Ville de Riez, a été consacrée au baptistère (décembre 2014-septembre 2015). C’est l’état le plus ancien de l’édifice correctement documenté qui a été pris pour référence. Pour l’extérieur du monument, ce dernier ayant été profondément modifié au début du XIXe siècle, c’est l’état de 1818 qui a servi de modèle, remarquablement illustré par un dessin d’Antoine Melling (1763 – 1831) conservé dans les collections du Musée de Salagon. En revanche, c’est un aspect le plus proche possible de celui de ses origines qui a été privilégié pour sa restauration interne.
Les travaux sont en train de s’achever mais il faudra encore, avant d’ouvrir le baptistère de Riez à la visite, aménager ses abords et réhabiliter la cathédrale à laquelle il était associé (Fig. 4).

Fig. 4 : Le nouvel aspect du baptistère en 2015, conforme à celui qu’il possédait après la restauration de 1817-1818 (Cliché CCJ CNRS-Aix Marseille Université)

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, Ph. Borgard (CNRS-CCJ) présentera ces travaux à Riez, le 19 septembre 2015 à 15h à la salle polyvalente.
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