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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
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Soutenance de thèse de Iva CHIRPANLIEVA

Madame CHIRPANLIEVA Iva présentera ses travaux en soutenance le 04 juin 2013 à 14h30 salle PAF, MMSH.

Grecs et phéniciens en Méditerranée orientale. les céramiques grecques, témoins des échanges entre la Grèce, Chypre et la côte levantine (Xe-IVe s. av. J.-C.)

Sous la direction de Antoine Hermary

Membre du jury :

  • M. Antoine HERMARY, Professeur des Université - Université d’Aix-Marseille
  • Mme Corinne BONNET, Professeur des Université - Université Toulouse 2
  • M. Thierry PETIT, Professeur des Université - Université Laval A quebec -Canada
  • M. Pierre ROUILLARD, Directeur de recherche, Université Paris 10
  • Mme Sabine FOURRIER, Chargé de recherche - 69 Maison de l’orient et de la Méditerranée Lyon

RESUME

Ce travail de recherche représente une synthèse sur la question des échanges entre la Méditerranée orientale (le monde phénicien) et le monde égéen ; une synthèse inscrite dans la longue durée, à savoir dès le début des contacts à l’Âge du Fer jusqu’à la fin de l’époque perse (fin XIe – fin IVe s. av. J.-C.). Elle envisage ces échanges en dehors des contextes de conflits et d’opposition ethnique, en dépassant la ligne de séparation tracée entre la culture classique et les cultures sémitiques, mettant en évidence les relations suivies qui ont existé entre la Grèce et le monde oriental. Deux questions fondamentales ont pu être précisées dans ce travail. Tout d’abord si la céramique fine grecque ne peut être interprétée en termes de « grand commerce international » et qu’elle ne justifie pas en soi la création d’un réseau, elle peut néanmoins être exploitée comme « marqueur archéologique de réseaux », car sa commercialisation se glisse dans des courants d’échanges établis de produits fondamentaux. On propose une nouvelle reconstitution des réseaux ancrée dans une périodisation qui a pour point de départ la culture matérielle et tout changement significatif qu’on peut observer du point de vue de la « performance économique ». Elle tient compte des changements politiques globaux dans ces régions, en essayant de se détacher de la simple histoire événementielle. D’autre part, les principales séries de céramiques importées ont pu être cernées et nous proposons une nouvelle réflexion sur les ateliers de production, en confrontant nos résultats au cadre méditerranéen global. Ensuite, pour comprendre la véritable signification de la « commercialisation » de ces céramiques cette recherche prend en compte les contextes de réception en abordant les questions de consommation, de choix et de réception de ces produits dans le contexte culturel phénicien. La consommation de vases grecs correspond tout d’abord à un phénomène plus large d’émergence d’une société urbaine et d’une élite qui s’enrichit. Le concept qui permet, d’après nous, de définir ce phénomène est celui de « mode », développé par les sciences sociales. Il est donc question de formation de styles de vie partagés par les membres de groupes ou couches sociales, caractérisés par une consommation spécifique qui permet de construire une identité sociale et de se distinguer. Ce phénomène de mode recouvre de façon purement formelle des réalités profondes qui demeurent locales. Ces objets étrangers sont acceptés en fonction de la possibilité de leur utilisation par les individus ou les groupes dans le cadre des institutions et des pratiques sociales existantes. L’adoption d’un objet dans une culture ne signifie pas l’adoption de la culture transmise par cet objet, mais la réception d’un objet implique une réinterprétation dans le cadre de la culture réceptrice. Le succès, auparavant sous-estimé, de la céramique grecque sur le marché phénicien réside sans doute dans le fait que la production grecque comprenait une variété de formes appropriées à l’utilisation phénicienne.